Article de Ramata Soré, lauréate du Prix IPAO "Sociétés de l’Information" 2008 dans la catégorie "Presse écrite".
L’Afrique a-t-elle les moyens et la volonté de s’offrir des élections transparentes, assistées des technologies nouvelles ?
Les élections en Afrique constituent une activité complexe et délicate. Les élections mal organisées ont été à l’origine de nombre de conflits dont la manifestation la plus récente se déroule au Kenya. Pourtant, l’introduction des TIC dans le processus électoral revendiquée par la classe politique des pays africains étaient censée épargner les nations et les peuples des scènes de violences et des tragédies qui caractérisaient généralement les élections en Afrique. Pourquoi en dépit des efforts consentis à grands frais pour informatiser le fichier électoral dans les pays africains, les élections jugées « propres » par toutes les parties prenantes paraissent toujours comme une ligne d’horizon ?
Le diagnostic est fait : l’Afrique a mal en ses élections. Si ce n’est le fichier électoral, c’est la carte d’électeur, ou tout simplement les décomptes des voix qui provoquent le malaise. Conséquences, chaque échéance électorale est source d’inquiétudes, sinon qu’elle devient un foyer potentiel de conflit. Le Burkina Faso, pour parer à toute éventualité a misé sur l’informatisation du fichier électoral. Aujourd’hui, le fichier seul ne peut garantir la sérénité du scrutin.
C’est pourquoi, l’institution en charge de l’organisation des élections, la CENI, est appelée à appliquer cette trithérapie : combinaison des trois éléments carte d’électeur sécurisée, fichier électoral informatisé et gestion informatisée des résultats du scrutin.
L’unique point d’accord de tous les acteurs de la crise ivoirienne reste la sortie définitive de la crise par des élections justes transparentes et ouvertes à tous. Mais, comment garantir la transparence des consultations électorales, alors que tous les potentiels candidats s’accusent déjà mutuellement de préparer la fraude ?
Les technologies de l’information et de la communication (TIC) ont été très déterminantes dans la réussite de l’organisation des élections présidentielle et législatives en 2007 au Sénégal. Elles ont été à toutes les étapes du processus. Elles ont, aussi, été utilisées sous toutes leurs facettes et sous toutes les coutures. Aussi bien par les organisateurs, les acteurs politiques en lice que les citoyens.
La présidentielle du 27 février et du 19 mars 2000 au Sénégal a permis de mesurer l’importance du cellulaire dans la régulation du jeu électoral et démocratique.
Le Bénin n’a pu, à ce jour, véritablement tirer profit des Technologies de l’Information et de la communication pour améliorer son système électoral, malgré les innombrables opportunités qu’elles offrent en terme de célérité et de transparence d’un scrutin.
Grâce aux téléphones cellulaires et à l’Internet, cette association de médias a permis aux rédactions d’optimiser l’information sur le double scrutin (législatives et municipales) du 22 juillet 2007.
La prochaine élection présidentielle au Burkina Faso, est prévue pour se tenir en 2010. C’est à cette date en effet, que Blaise Compaoré, l’actuel chef de l’Etat au pouvoir depuis le 15 octobre 1987, devrait remettre son mandat en jeu. D’où l’empressement de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), organisatrice en chef de ce scrutin, à prendre (déjà) les devants en sécurisant au maximum le fichier électoral à l’aide de moyens technologiques modernes. Objectif affiché : Réduire le risque de fraudes ainsi que le niveau des contestations post électorales. Un scénario hélas trop rituel sur le continent Africain, pour être banalisé.