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Le commerce à portée d’antenneDes récoltes qui rapportent plus grâce au logiciel ghanéen Tradenet.Grâce aux pages web et aux textos de TradeNet, les agriculteurs ruraux peuvent proposer leurs produits sur le marché international et en obtenir un prix équitable. La plupart des gens qui se rendent en Afrique sont étonnés du nombre de téléphones portables, surtout dans les campagnes. Les opérateurs placardent leurs publicités jusque dans le moindre village. D’après les estimations, d’ici 2010, 50% de la population africaine aura un téléphone portable et 90% du territoire sera couvert. On ne peut sous-estimer le poids de tels chiffres. Se pose néanmoins une grande question : comment muer ce moyen de communication en un canal d’information pertinent pour une population qui vit essentiellement de l’agriculture ? Les unes après les autres, les études montrent qu’un bon accès aux informations commerciales peut se traduire par une hausse des revenus pour tous les maillons de la chaîne d’approvisionnement (producteur, collecteur, négociant, transporteur et exportateur). Jusqu’ici, la collecte et la diffusion d’informations commerciales pertinentes se sont avérées complexes et coûteuses. La percée de la mobilophonie en Afrique change la donne : les systèmes mis en place entrouvrent la porte d’une rémunération plus équitable pour les ruraux. TradeNet a vu le jour en 2004 ; c’est un des projets logiciels de la société ghanéenne BusyLab. Basé à Accra, BusyLab est une société privée de R&D qui s’est spécialisée dans les applications web et mobiles dédiés à la promotion du développement économique en Afrique. Entrepreneur avisé, Mark Davies a créé cette société pour attirer les jeunes développeurs les plus brillants du Ghana et trouver des produits innovants. L’idée originale était de concevoir une plate-forme logicielle simple que des projets agricoles pourraient louer et utiliser afin de connaître les cours et les diffuser par texto ou par courriel. Le logiciel TradeNet est aujourd’hui utilisé par divers partenaires qui ont aidé l’équipe de concepteurs à mieux appréhender les réalités et les opportunités du terrain. Il y a foule Tous les internautes du monde peuvent se connecter sur le site et profiter des 7 000 contacts, des centaines de groupes et des offres de ventes et d’achat actualisées d’utilisateurs de toute l’Afrique. 800 000 prix en provenance de centaines de marchés peuvent être consultés et comparés selon la date, le marché et le pays. Des rubriques infos et archives sont également disponibles. L’inscription à TradeNet est gratuite. Une fois inscrit, l’utilisateur reçoit ses pages de profil personnel qu’il peut configurer selon ses envies et ses besoins. Il peut y mettre ses offres de vente et d’achat, et tout contenu envoyé via un téléphone portable est mis directement sur son site web, en consultation libre. Vu qu’il y a peu de véritables internautes, TradeNet est avant tout un service par textos. L’utilisateur peut :
Tous les abonnés de TradeNet peuvent envoyer leurs textes d’information sur le site au moyen de divers codes. Voici comment cela fonctionne : un paysan du nord du Ghana vend 20 tonnes métriques de millet. Il envoie le texte SELL MILO 20MT au numéro international de TradeNet. Le logiciel traite l’information et la met directement sur le site. Cette information est aussi envoyée à ceux qui se sont inscrits pour recevoir des alertes sur les ventes de millet au Ghana. TradeNet a récemment développé une application java téléchargeable qui permet à tout un chacun de naviguer facilement dans des menus afin d’envoyer ou de demander des prix ou des offres depuis son portable, sans passer par ces codes compliqués. L’utilisateur aura sans doute besoin d’aide pour télécharger l’application, mais il bénéficiera ensuite d’un système de navigation nettement plus simple. Jusqu’à présent, le coût des textos envoyés par Tradenet est subventionné par les partenaires. À l’avenir, grâce à un nouveau modèle de franchise, les entreprises pourront facturer des frais d’abonnement au service. Des associations, des coopératives ou des entreprises peuvent aussi créer un site de groupe gratuit pour promouvoir leurs produits, et les grands groupes peuvent payer des services supplémentaires. Une coopérative, par exemple, peut envoyer un texto à tous ses membres en quelques secondes. Les groupes qui utilisent ce service se servent de cette fonction pour envoyer des textos sur les prix, les offres, le transport, la météo et les bonnes pratiques vers les portables de leurs membres et ainsi économiser du temps et de l’argent sur les factures de transport et de téléphone. Un autre niveau d’abonnement permet au groupe de se servir des outils de la chaîne d’approvisionnement de TradeNet. L’association ou l’entreprise détermine les paysans et les biens qui intéressent le groupe et établit une check-list des récoltes qui sont suivies. Les dirigeants des exploitations envoient des textos sur leurs activités et toute activité qui dépasse le délai prévu peut faire l’objet d’un texto de rappel pour que les membres du groupe puissent suivre la phase de récolte et prévoir le rendement. Ces outils ont été créés pour rendre le marché plus fiable et plus accessible aux acheteurs et aux exportateurs locaux. Soutien accru Les gros négociants ont été les premiers à adopter TradeNet, et partout en Afrique de l’Ouest on connaît l’histoire de ces marchands qui ont su trouver de plus gros débouchés, de meilleures conditions ou tirer parti des rencontres que permet cette nouvelle technologie. Les gros négociants étaient plus enclins à adopter cette technologie à cause de leur accès, de leur plus haut niveau d’instruction et du capital qu’ils détenaient pour faire affaire avec de nouveaux acheteurs ou vendeurs sans devoir recourir au crédit. Issa Keita est l’un d’entre eux ; il vit à Bamako, au Mali. Il a constaté qu’avant TradeNet, on le questionnait toujours sur ses produits mais que rares étaient ceux qui parvenaient à rassembler les capitaux nécessaires pour finaliser la transaction. Avec TradeNet, il a trouvé en Afrique de l’Ouest et en Europe des acheteurs qui ont les moyens de répondre à ses offres sur Internet. Dès qu’il s’agit de toucher les petits producteurs, on se heurte à de gros problèmes d’accès et d’alphabétisation. L’expérience acquise par les partenaires et par les projets pilotes de TradeNet au Ghana prouvent que de solides réseaux de distribution sont indispensables pour fournir les informations nécessaires à tous les intervenants de la chaîne d’approvisionnement et surtout aux paysans ruraux. Il faut donc créer des réseaux pour envoyer les données et former des accompagnateurs locaux. Sans ce soutien local, il n’est pas sûr que les petits producteurs adoptent TradeNet et reçoivent les informations dont ils ont véritablement besoin pour prendre de meilleures décisions commerciales ou accroître leurs revenus, comme ont su le faire Issa et d’autres négociants. TradeNet envisage d’instaurer ce type de réseau avec ses partenaires pour essayer de fournir des informations commerciales à tous les intervenants de la chaîne, y compris au fin fond des campagnes, via les téléphones portables. Déployé correctement, ce réseau pourrait acheminer des textos aux millions de personnes qui tirent leur principal revenu de l’agriculture en leur permettant de faire de meilleures affaires et d’obtenir des conditions plus équitables. Il y a dix ans, la diffusion des informations à une telle échelle aurait par impensable dans le monde en développement. Aujourd’hui, elle est à portée d’antenne. Auteur : Sarah Bartlett Source : ICT Update Date de publication : août 2008 Articles les plus récents : | ||
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